Graslin, entre les intermittents et la direction c'est le clash

27 mai 2021 à 19h51 - Modifié : 28 mai 2021 à 4h37 par Dolorès CHARLES

Intermittents de la place Graslin
Intermittents de la place Graslin
Crédit: Cédric Mané

Rien ne va plus entre le directeur de l’Opéra Graslin et les intermittents du spectacle, qui occupent le théâtre depuis environ 80 jours. Les riverains et les commerçants de la place commencent aussi à se lasser à l'aube d'une nouvelle action (samedi).

La rencontre n'a pas duré plus d'une minute hier soir (mercredi) à l'opéra Graslin, et elle s'est terminée par des noms d'oiseaux... D'un côté, le directeur du site, Alain Surrans, et de l'autre, les intermittents du spectacle qui occupent le théâtre nantais depuis environ 80 jours. Pour le patron de l'opéra Graslin, la reprise des spectacles n'est pas compatible avec une occupation. Or, des spectacles sont programmés en juin, notamment une pièce intitulée "Les sauvages", jouée par des jeunes des quartiers des Dervallières et du Breil.

Pour l’intermittent Willy Mancel, il est possible de continuer la lutte tout en programmant des choses, c'est une affaire d'aménagements:

"La concertation avec la direction de l'opéra ne se passe pas super bien, en fait elle ne se passe pas tout court. Mais oui c'est "mal barré". On a vraiment l'impression qu'on veut nous faire porter le chapeau d'une éventuelle annulation de spectacles et que finalement le blocage se fait par la direction. Nous restons persuadés que c'est possible et nous souhaitons continuer à dialoguer avec lui (le directeur) ou avec son supérieur, c'est-à-dire la mairie de Nantes".

Willy Mancel - intermittent
Willy Mancel - intermittent
Crédit: Cédric Mané

Un banquet de la colère

Un « banquet de la colère » est toujours prévu samedi à Graslin, au grand dam des riverains de la place et des commerçants. Pour Willy Mancel, l’un des intermittents présents lors de la réunion avec la direction du théâtre, c'est une mauvaise idée d'arrêter l'occupation :

"Il est possible de trouver une nouvelle forme de lutte. Mais on sait par expérience que quand on quitte un bastion symbolique, il est beaucoup plus dur de se faire entendre, donc que ça va disperser les équipes, donc il faut garder des bastions de lutte, comme de petits villages gaulois, pour montrer que la résistance est toujours présente".

Willy Mancel - intermittent
Willy Mancel - intermittent
Crédit: Cédric Mané

Aujourd'hui plusieurs occupations de théâtre se sont arrêtées dans l'Ouest, et celui de Nantes fait partie des derniers théâtres où le mouvement se poursuit pour obtenir au-delà de la réouverture des lieux culturels (effective depuis le 19 mai), la prolongation de l'année blanche (l'Etat a prononcé une prolongation de 4 mois jusqu'au 31 décembre 2021), le retrait de la réforme de l'assurance chômage, etc. Les intermittents nantais ont le soutien de la Ville via l’adjoint à la culture Aymeric Seassau (PCF), qui espère "davantage de réponses de la part du gouvernement."

Un mouvement partiellement arrêté

A Saint-Brieuc ou à Angers, le dialogue a permis aux spectacles de reprendre tout en permettant aux intermittents de rester. A Saint-Nazaire, l'occupation s'est arrêtée comme à La Roche-sur-Yon. A Brest, des actions d'affichage sont organisées en ville, et à Lorient le Grand Théâtre reste occupé...