Certains soignants signent une tribune appelant à la vaccination obligatoire des blouses blanches

5 juillet 2021 à 16h01 - Modifié : 5 juillet 2021 à 16h13 par Dolorès CHARLES

L’endocrinologue Brigitte Anton-Kuchly
Crédit: Cédric Mané

Quatre médecins de l'agglomération de Nantes en appellent à la vaccination des soignants, obligatoire.

Ils sont une centaine de soignants à signer une tribune en faveur de la vaccination des soignants, tribune publiée dans la dernière édition du Journal du dimanche (dimanche 3 juillet). Parmi eux, quatre médecins nantais qui prêchent pour que les soignants se vaccinent contre le Covid-19, dont l'endocrinologue Brigitte Anton-Kuchly qui explique pourquoi les gestes "barrière" ne suffisent pas :

"Le masque c'est une petite protection, et il est indispensable de se protéger le plus possible, mais ce n'est pas suffisant.  Tout comme de se laver les mains même toutes les cinq minutes, ce n'est pas non plus suffisant. On touche les patients, mais il faudrait se laver plusieurs fois par patient, car dans l'intervalle on touche des choses qu'on a pourtant nettoyées... Ca me parait inimaginable de penser que les gestes "barrière" peuvent suffire."

l'endocrinologue Brigitte Anton-Kuchly
Crédit: Cédric Mané

"Des personnes qui auront des effets secondaires, c'est obligatoire"

Le Dr Brigitte Anton-Kuchly estime que la vaccination des soignants fait partie du contrat de confiance avec les patients, il s'agit aussi de se présenter comme des modèles, les patients auront plus envie de se faire vacciner si leur(s) médecins le font aussi :

"La première motivation pour qu'on soit le maximum de soignants à se vacciner, c'est bien par rapport à nos patients. Ils nous font confiance, il ne faut pas qu'on les trahisse. Comment imaginer qu'un soignant soit d'une quelconque fiabilité si on ne se vaccine pas soi-même et qu'on ne donne pas cet exemple ? Je pense aux vaccins qui finalement sont devenus obligatoires et qui ont permis d'éradiquer des maladies. Alors bien sûr, on va nous dire "mais vous ne savez pas ce qu'on vous injecte, est-ce que les protocoles ont été bien faits ? Mais toute vaccination aura forcément des personnes qui auront des effets secondaires, c'est obligatoire. Mais on ne peut pas dire à 100% "c'est fini on est sauvés".

L'endocrinologue Brigitte Anton-Kuchly
Crédit: Cédric Mané

Une 4ème vague

L'endocrinologue Brigitte Anton-Kuchly pointe le risque d'une quatrième vague, c'est ce que craint aussi le ministre de la santé Olivier Véran :

"C'est vrai qu'on ne connaît pas les conséquences, tout comme on ne connaissait pas les conséquences des vaccinations pratiquées autrefois. Aujourd'hui, avec le recul des décennies, il ne s'est rien passé de particulier. Personne ne remet en question le fait qu'on ne sache pas tout, mais si on ne fait rien il va y avoir une 4ème vague, des morts, des séquelles, dans les EHPAD il va manquer de personnel, ça risque d'être catastrophique une 4ème vague."

(*) L'endocrinologue Brigitte Anton-Kuchly a affiché la photo prise au moment de sa vaccination dans son cabinet médical pour encourager ses patients à en faire autant.

L'endocrinologue Brigitte Anton-Kuchly
Crédit: Cédric Mané