ZAD : l'Etat prépare la régularisation

Yann Launay
18 janvier 2018
Par Katell LAGRE
Le projet enterré, que faire des Zadistes ? En attendant leur départ d'ici le printemps, la Préfète veut voir les accès routiers rouverts d'ici la semaine prochaine.

Après l'abandon du projet, le gouvernement veut maintenant un retour rapide à l'Etat de droit sur la zad : à commencer par le rétablissement de la circulation sur la route départementale RD281 qui traverse la zone et qui était fermée, semée d'obstacles, depuis 2012. Cette réouverture doit être une question de jours, pour la préfète de Loire Atlantique, Nicole Klein :

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"Je pense que les habitants de la zad eux-mêmes vont la dégager et la rendre à la circulation : c'est le premier signe d'apaisement, le signe que l'on veut rentrer dans le droit commun."

La préfète devrait se rendre sur place en milieu de semaine prochaine. Le président du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet s’est rendu sur place dès jeudi, afin de « constater l’état de la route départementale . Son niveau de dégradation est tel qu’il est inenvisageable de la rouvrir à la circulation sans des travaux lourds, coûteux et complexes qui nécessiteront du temps.

La RD 281 est fermée depuis 2012 entre Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes. La priorité de Philippe Grosvalet : y assurer la sécurité des usagers. Sans cette garantie, il serait irresponsable de lever l’interdiction de circulation.

Philippe Grosvalet sera vigilant à :

-La conformité de l’infrastructure : abandonnée depuis 5 ans, la RD 281 a été détériorée, voire sabotée d’après les renseignements des services de gendarmerie. Cette route ne pourra donc pas rouvrir à la circulation sans d’importants travaux de remise en état qui restent à déterminer.
-La sécurité des usagers : Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, certifiait la semaine dernière la présence « dans la ZAD d’explosifs et de pièges ». Qui pourrait imaginer qu’un responsable public laisse les conducteurs s’aventurer dans une telle zone de non-droit avant
que la ZAD ne soit débarrassée de ses éléments radicaux ?

Les Zadistes ont jusqu'à fin mars pour quitter la zone

Les zadistes auront donc jusqu'à fin mars pour quitter la zone ou pour régulariser leur situation, sachant que l'Etat ne restera pas propriétaire des terres.

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"Les terres vont revenir à ceux à qui elles appartenaient s'ils veulent les reprendre, à ceux qui veulent les acheter si certains veulent les acheter. Il y a ura un retour à la vocation agricole de cette zone ." Si un zadiste veut acheter un lopin de terre, le pourra-t-il ? "Il faut que l'on regarde : la propriété, le fermage, quel projet agricole, parce que cela doit être des projets agricoles viables, des choses raisonnables qui s'in scrivent dans l'Etat de droit."

La préfète de Loire Atlantique et les services de l'Etat se disent prêts à entamer le dialogue avec les zadistes qui le souhaitent, pour examiner leur situation et la possiblité pour eux de rester ou non... Mais les échanges risquent de ne pas être simples : une partie des zadistes n'est pas forcément disposée à rentrer dans le cadre administratif, et ils ne se font pas d'illusion sur la compréhension de l'Etat, comme l'explique Camille, un des habitants de la ZAD :

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"L'Etat ne va pas dire : aujourd'hui je souhaite que les gens vivent en dehors des rapports marchands, inventent d'autres rapports à la démocratie... A plein de niveaux, ce que l'on invente, c'est nouveau, ce n'est pas ce que eux ils souhaitent mettre en place depuis l'Etat, depuis les intérêts du patronat français, non, c'est autre chose, c'est un nouveau monde qui s'invente ici. L'aéroport est abandonné, c'est une première étape, ensuite demain il faudra gagner sur le fait que tout le monde puisse rester, que l'expérience qui s'est construite ici puisse perdurer."

Rappelons que la maire de Nantes, Johanna Rolland va réunir samedi à Nantes une conférence des acteurs économiques et de l’enseignement supérieur et de la recherche pour réagir suite à l’abandon du transfert d’aéroport.

Parallèlement l’Etat a commencé à négocier avec Vinci qui devait construire et exploiter l’aéroport. Le PDG de Vinci a été reçu cette après-midi à Bercy par Bruno Le Maire. L’enjeu c’est de fixer le montant des indemnités que le gouvernement devra verser au groupe de BTP. Des indemnités qui devraient atteindre 350 millions d’euros.

Un reportage de Yann Launay.