Vente STX : Bruno Le Maire tente de rassurer salariés et élus

Charlotte David
29 septembre 2017
Par Dolorès CHARLES
Le ministre de l’Economie et des Finances à Saint Nazaire hier, pour expliquer aux salariés l’accord conclu la veille entre la France et l’Italien Fincantieri.

Pour Bruno Le Maire, le contrat de douze ans, qui place les chantiers sous contrôle italien mais sous haute surveillance française, est « un bon accord, pour les chantiers ligériens, et l’industrie navale européenne », un accord qui « protège les salariés », à travers ce prêt de 1% que la France pourra résilier dès lors que les engagements pris par les Italiens ne seront pas respectés. Le ministre est venu faire la pédagogie de la stratégie d’Emmanuel Macron vis-à-vis des derniers fleurons industriels français, comme les chantiers ou encore Alstom, passé la veille sous contrôle allemand. Leur survie passe par des alliances avec d’autres industries européennes, a expliqué le ministre de l’Economie…

Bruno Le Maire

« Chaque Français doit avoir conscience de la réalité du monde économique dans lequel nous vivons. Il y a une concurrence mondiale féroce, avec un nouvel acteur, la Chine, qui peut être une menace pour nos intérêts industriels. S’unir entre Européens, c’est nous donner non seulement la possibilité de résister à la concurrence chinoise, mais aussi de conquérir de nouvelles parts de marché, d’être plus compétitifs, plus puissants… L’union fait la force ».

Les syndicats satisfaits que le feuilleton soit terminé

Christophe Morel est délégué syndical CFDT aux chantiers. Il est avant tout satisfait que le feuilleton se termine, mais il restera sera vigilant sur le respect des conditions de l’accord…

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« Avec le montage qu’on peut qualifier d’astucieux, Fincantieri ne pourra pas faire n’importe quoi. Il y a des clauses qui permettront à l’Etat de renationaliser, en cas de gros souci. On essaie d’être constructif, de peser le pour et le contre, et pour l’instant, le pour pèse le plus. »

Charlotte David crédit photo

L'avis des salariés des Chantiers

A l’heure de la débauche hier, les salariés, justement, étaient dans l’ensemble soulagés qu’une issue ait enfin été trouvée. Et relativement confiants dans l’accord conclu avec les Italiens…

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« Un employeur ou un autre, ça ne change absolument rien pour nous. Allemagne, Italie ou autre, ça ne change rien. La peur que les emplois s’en aillent, je peux comprendre, mais ça risque pas d’arriver : on est en train d’agrandir, la surface va tripler, ça veut dire qu’il y a de l’emploi derrière. »
« Douze ans, ça donne une bonne garantie pour l’avenir. On parle plus en termes de mois, mais d’années. Ca stabilise. On était plus craintifs avant la décision de M.Macron. Maintenant, on va pouvoir travailler plus sereinement ».

Le maire de Saint-Nazaire David Samzun

Un accord « gagnant-gagnant », s’est félicité mercredi le chef de l’Etat. Un point de vue que ne partagent pas vraiment les élus locaux, de gauche comme de droite, qui s’étonnent de ce revirement. Le président LR de la Région Bruno Retailleau et le maire PS de Saint-Nazaire ont d’ailleurs boycotté la visite de Bruno Le Maire. David Samzun, qui déplore de ne pas avoir été tenu informé de l’avancée des négociations, et d’avoir perdu temps. Tout ça pour ça, regrette le maire de Saint-Nazaire…

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« Il n’y a pas grand-chose de nouveau dans cet accord. On est dans un mariage où l’on prépare déjà les clauses de sortie. Elles existaient déjà dans le projet du gouvernement précédent. Que se passe-t-il après ces douze ans ? ».