Reportage sur les mutuelles communales : Pornichet se lance !

Charlotte David
05 octobre 2017
Par Dolorès CHARLES
De plus en plus de villes du Grand Ouest proposent à leurs concitoyens une mutuelle communale, pour pallier le renoncement de certains à prendre une mutuelle, pour des raisons essentiellement financières. Reportage à Pornichet.

Adhérer collectivement à une mutuelle sélectionnée par votre commune et bénéficier de tarifs avantageux, c’est ce que proposent de plus en plus de villes : Nantes, mais aussi Sainte-Luce, Carquefou, La Plaine, Maulévrier, Etel et Elven, Porspoder, Plouhinec et Le Conquet ou encore Iffendic (35). Des projets sont également en cours à La Chaize-le-Vicomte et Nieul-le-Dolent, Paimpol ou Dol de Bretagne et Pipriac. A Pornichet, la mairie vient de se lancer : elle a retenu la Mutuelle des Cheminots de la Région Nantaise, pour ses tarifs abordables : de 20 à 70 euros par mois selon l’âge et le niveau de couverture choisi.

L’idée de proposer un tel service est née d’un constat : un nombre croissant de personnes renoncent à leur mutuelle, et du même coup, à un certain nombre de soins, essentiellement pour des raisons financières. Ecoutez le reportage de Charlotte David.

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"SON / « Se soigner, ça va devenir un luxe. Ca devient un petit peu compliqué »
Cette habitante de Pornichet applaudit la décision de la mairie. Elle et son mari paie 180 euros par mois pour leur mutuelle, elle peut espérer économiser une quarantaine d’euros si elle souscrit à la mutuelle communale. Pas négligeable quand on a une petite pension, comme cette autre retraitée. Elle n’a plus de complémentaire depuis des années…
SON / « Elle était trop chère, j’ai traîné… (A propos de la mutuelle communale) J’irai voir, pour me renseigner »
Et elle n’est pas la seule : depuis l’annonce de l’initiative de la mairie, le CCAS croule sous les appels. Il faut dire que le dispositif est ouvert à tous, et notamment à ceux qui sont exclus du système des mutuelles obligatoires, comme celles des entreprises...  Nicole Dessauvages est la maire adjointe en charge des affaires sociales…
SON / « Les autoentrepreneurs, les personnes au chômage, les jeunes actifs, qui n’ont pas de mutuelle salariale, comme ceux qui sont en contrats saisonniers »
Le dispositif ne coûte ni ne rapporte d’argent à la commune, précise la ville, qui sert simplement d’intermédiaire."

Photo Charlotte David.


La mutuelle communale est le moyen pour certains habitants de retrouver un service de soins efficient. Ecoutez Florence Guémard, du CCAS de Pornichet, au micro de Charlotte David.
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« Certaines personnes n’ont pas du tout de couverture par une complémentaire, et de ce fait, peuvent avoir de gros problèmes lors d’une hospitalisation et se retrouver avec une facture conséquente, ou ne pas avoir recours à des soins dentaires ou renoncer à une paire de lunettes, parce qu’ils ne peuvent pas se l’acheter... On espère que les tarifs proposés vont leur permettre d’avoir accès à tous leurs besoins en matière de santé ».

Tout le monde peut souscrire à cette mutuelle, mais les principaux concernés sont les retraités, qui ne bénéficient plus de leur mutuelle d’entreprise. Concernés aussi, ceux qui n’ont pas d’emploi, ou les jeunes actifs non salariés. Florence Guémard.

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« Ca répond à une réelle demande et à un réel besoin. Tout le monde n’a pas une couverture salariale. Avec les personnes du 3eme ou du 4eme âge, on arrive parfois à des tarifs absolument faramineux, de l’ordre de 100 à 150 euros mensuels, ce qui impacte les retraites.Ca peut être aussi pour des jeunes, qui n’ont pas encore de travail, qui ne sont pas à l’abri d’un accident un jour ou l’autre, ou avoir besoin d’une paire de lunettes… C’est important de leur faire comprendre ça ».

A Pornichet, une réunion d’information sur la mutuelle communale est organisée le mercredi 11 octobre (18h30, espace Flammarion). Et la première permanence de la mutuelle aura lieu le lundi 16 octobre, au CCAS.