Les CP dédoublés, ça marche !

18 décembre 2017
Par Katell LAGRE
C'était l'une des grandes nouveautés de la rentrée 2017 : les classes de CP dédoublées, en zone d'éducation prioritaire. Dans les académies de Rennes et Nantes, c'est près d'une centaine de classes à faible effectif qui ont été créées. Quel bilan peut-on en faire juste avant les vacances de Noël ? Reportage

Des classes à 12 élèves maximum pour combattre les difficultés scolaires et garantir pour chaque élève l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, du calcul. Alors quel est le bilan, après 4 mois de fonctionnement ?

Emmanuelle Kerbrat est enseignante en CP à l'école Suzanne Bourquin de Josselin, dans le Morbihan. Sa classe, dédoublée, compte 12 élèves, et pour cette enseignante qui compte 18 années d'ancienneté en CP, la différence est nette :

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"Cela nous permet d'aller plus vite sans qu'aucun élève ne soit perdu. Le petit nombre permet aussi, pour les enfants timides, de s'exprimer plus facilement. On voit tout, tout de suite, donc on peut remédier très vite aux difficultés que l'on constate..."


L'école Suzanne Bourquin de Josselin ne semble pas être un cas isolé, comme le souligne Thierry Terret, recteur de l'Académie de Rennes :

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"Il semble que les acquisitions soient déjà bien plus rapides que là où l'on était arrivé les années précédentes. Il y a un "effet dédoublement" manifeste : tous les retours que nous avons eu vont dans le même sens. le ressenti des enseignants est extrêmement postif.."

Le nombre de classes de CP dédoublées devrait être triplé, l'an prochain, pour concerner tous les classes de CP en zone d'éducation prioritaire, puis en 2019 toutes les classes de CE1 des établissements REP.

Mais peut-on imaginer que ce dédoublement puisse être étendu, au-delà des seuls établissements des zones d'éducation prioritaire ? la réponse de Thierry Terret :

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"Evidemment quand on voit les effets d'un tel dispositif, on souhaiterait pouvoir l'élargir à l'ensemble des classes. Après, il y a un principe de réalité : on ne pourra multiplier le nombre d'enseignants par 2... Commençons par travailler en profondeur sur l'éducation prioritaire, c'est à dire les élèves qui ont le plus besoin de ce soutien, et puis on verra si l'on peut, par exemple en milieu rural, renforcer le soutien aux élèves, peut-être avec des dispositifs "plus de maîtres que de classes", voire, ici ou là, en dédoublant : j'y suis favorable, dans la mesure où nous aurons les moyens de le faire.."

Reportage de Yann Launay.