La première éolienne flottante inaugurée à Saint-Nazaire

Charlotte David : photo Idéol
13 octobre 2017
Par Katell LAGRE / Dolorès CHARLES
La première éolienne en mer de France inaugurée ce vendredi, sur le port de Saint-Nazaire, avant son remorquage et son installation prochaines à une vingtaine de kilomètres du Croisic.

Baptisée Floatgen, cette éolienne mesure 60 mètres de haut, ses pales 40. D’une puissance de 2 mégawatts, elle sera testée pendant deux ans, et pourra fournir en électricité 5 000 habitants.Sa particularité : c’est une éolienne flottante, qui sera ancrée par 33 mètres de fond. Une technique émergente, qui présente bien des avantages par rapport aux éoliennes fixes, explique Paul de la Guérivière, le PDG d’Ideol, l’entreprise marseillaise à l’origine du projet, qui s’est associée à Bouygues et à l’Ecole centrale de Nantes, pour cette première française à 25 millions d’euros.

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« Au lieu d’être posée au fond de la mer, elle est posée sur un flotteur, qui permet de s’affranchir des contraintes de profondeur. On peut donc aller chercher les sites les plus ventés. Typiquement, une éolienne à terre produit un jour sur quatre, une éolienne en mer posée produit un jour sur trois, une éolienne flottante va produire un jour sur deux. »

Une technique que l’Etat veut voir se développer pour tenter de combler le retard de la France en matière d’éolien offshore. Il a injecté un peu plus de 9 millions d’euros dans ce projet qui en coûte 25. Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat chargé de la Transition écologique, était à Saint Nazaire pour l’inauguration de l’éolienne.

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« La question, c’est comment l’Etat va aider à développer, pour faire en sorte que cette éolienne ne soit pas seulement un démonstrateur, mais un modèle de production d’énergie propre. Ca va passer par des appels à projets. Il y en a un qui sera dédié à cette énergie d’éolien sur flotteur en mer, pour contourner un certain nombre de difficultés que l’éolien rencontre actuellement en offshore ».


Une technique émergente, et un matériau particulier pour le flotteur : le béton… Car oui, le béton peut flotter. Nicolas Jestin est directeur commercial chez Bouygues Travaux Publics, l’un des partenaires du projet…

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« Il suffit de mettre du vide à l’intérieur, comme une coque de navire. On a une structure extérieure qui est en béton, et à l’intérieur, il y a des compartiments pleins d’air. Et comme une bouée, on a quelque chose qui flotte à la surface ».

L’éolienne sera installée sur SEM-REV, le site d’essais en mer dédié aux énergies marines renouvelables, et connecté au réseau électrique. Un site opéré par l’Ecole centrale de Nantes, qui sera particulièrement mobilisée pendant la phase de deux ans de tests. Bertrand Alessandrini est le directeur de développement à l’Ecole centrale de Nantes.

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« On attend d’abord une confirmation de tout ce qui a été conçu par les ingénieurs et le chercheurs, par des simulation numériques et des tests en bassin. Et puis on va venir améliorer les dispositifs : cette éolienne va être truffée de capteurs d’effort, de déplacements… Et on va venir optimiser la récupération électrique de façon à maximiser l’énergie que l’on va injecter sur le réseau ».


Un reportage de Charlotte David.