Festival du Cinéma à La Baule : hommage à Cosma

Charlotte David
10 novembre 2017
Par Dolorès CHARLES
Le festival de Cinéma et musique de films se poursuit jusqu'à dimanche. Palmarès samedi soir.

On lui doit les musiques des Aventures de Rabbi Jacob, du Dîner de cons, de l’Aile ou la Cuisse, du Grand Blond avec une chaussure noire, ou de La Boum…
Le compositeur Vladimir Cosma est l’invité d’honneur de la 4eme édition du festival du cinéma et musique de film, qui se déroule à La Baule, jusqu’à dimanche. Il dirigera ce samedi soir un concert (complet) où ses plus grands succès seront interprétés par un orchestre philarmonique. Agé de 77 ans, le compositeur d’origine roumaine est fier que son travail ait laissé des traces dans la mémoire collective des Français. Ecoutez Wladimir Cosma avec Charlotte David.

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« J’en ai pas du tout marre, la preuve c’est que je les joue aussi en concert et que ces musiques, c’est curieux mais certaines d’entre elles ont aujourd’hui une vie plus importante qu’au moment où les films sont sortis. Les musiques, c’est comme les vins : il y en a qui se bonifient, et d’autres qui disparaissent

Il se souvient avec émotion d’un acteur, attaché à la Loire-Atlantique, et qui est également mis à l’honneur à La Baule, à travers une exposition. Cet acteur, c’est Louis de Funès.

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« Je l’ai rencontré beaucoup, notamment sur le Rabbi Jacob. Pendant un mois, un mois et demi, il venait chez moi deux fois par semaine avec le chorégraphe, pour apprendre les pas de ce morceau-là, qui est devenu ce qu’il est devenu. Après la première du Rabbi Jacob, il m’a écrit cette lettre : « Cher Vladimir, je viens de voir Rabbi Jacob, votre musique est un chef d’œuvre qui vous amène des larmes. Merci pour cette jolie musique et pour le cœur que vous avez mis dedans ». J’ai pas reçu souvent des lettres qui m’ont ému autant que ça ».

Wladimir Cosma n’a que faire des honneurs, ilpréfère se concentrer sur sa musique.

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« Les histoires d’honneur, c’est pas ça qui me touche le plus. Ce qui m’intéresse le plus, c’est de jouer mes musiques, de donner un concert pour le public de La Baule. Dans le Rabbi Jacob, il y avait une réplique de De Funès : « Trop d’honneur, trop d’honneur »… C’est un peu ça ».

Des people qui font venir du monde à La Baule

Ce festival de cinéma et musique de film, c’est aussi une cinquantaine de projections, des avant-premières, des master class, une sélection officielle, et beaucoup de people : Catherine Deneuve se verra remettre ce samedi soir un prix pour l’ensemble de sa carrière. Présents également: les frères Foenkinos, Serge Hazanavicius, Antoine Duléry, Pascal Elbé… Dans le jury, Elodie Frégé et Elie Semoun notamment, mais ce n’est pas ce que souhaite mettre en avant Christophe Barratier, le réalisateur et co-créateur du festival, interrogé par Charlotte David.

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« La notoriété est quelque chose qu’ont pas mal de festivals. Faire venir du people, des vedettes, c’est bien mais ça a parfois été utilisé pour remplir une histoire qu’il n’y avait pas. Je tiens au fond et à la forme. La musique a toujours été liée au cinéma, il y a donc une vraie histoire, et je voulais la faire perdurer. Et comme il n’y avait plus de festival sur cette thématique, c’est pour ça qu’on l’a fait ».

Diane Kurys préside cette année le jury du festival

Le jury est présidé par la réalisatrice Diane Kurys. Elle explique à Charlotte David comment elle-même travaille avec ceux qui composent la musique de ses films.

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« La musique, c’est un moment particulier, parce que c’est le seul moment où c’est une création externe à vous. Il y a un autre créateur qui va apporter son talent, son imaginaire, et il n’y aura pas de contrôle. La musique, on ne pourra pas la transformer. C’est toujours un moment douloureux, difficile, angoissant. Moi, j’ai toujours du mal à me décider pour un compositeur, mais après, il faut lui faire confiance ».

Diane Kurys connaît bien La Baule. Elle y avait tourné La Baule-les-Pins, en 1990 (avec Nathalie Baye, Richard Berry, Vincent Lindon…)

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« C’est très curieux de revenir à La Baule quand on a fait un film qui s’appelle La Baule-les-pins, évidemment. C’est un moment un peu unique. On habitait ici, dans cet hôtel (L’Hermitage, ndlr), les acteurs étaient comme en vacances. Il faisait beau, c’était l’été, c’était un film de plage… Même si c’était un film triste, il y avait quand même beaucoup de gaieté dans le tournage… J’ai adoré faire ce film ».

La réalisatrice Diane Kurys y a aussi des souvenirs beaucoup plus anciens. Elle se confie à Charlotte David.

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« J’aime beaucoup La Baule, cette plage, ce ciel… J’ai des souvenirs d’enfance : j’ai fait La Baule-les-pins parce que j’y venais quand j’étais petite. C’est très émotionnel, La Baule. C’est la troisième fois que je viens, j’ai pas pu dire non quand on m’a proposé la présidence du jury ».

Programme complet : http://www.festival-labaule.com