Des sondes pour essayer d'expliquer la surmortalité des huîtres et des moules

Yann Launay
11 janvier 2018
Par Katell LAGRE / Dolorès CHARLES
Reportage sur le tout nouvel Observatoire des eaux estuariennes et marines, qui vient d'être créé, à Beauvoir-sur-mer en Vendée.

Pourquoi les huîtres et les moules délevage subissent-elles des épisodes de forte mortalité, sur nos côtes ? La question n'a toujours pas trouvé de réponse claire, et pour tenter d'expliquer ce phénomène, un "Observatoire des eaux estuariennes et marines" vient d'être créé, à l'initiative du Conseil départemental de la Vendée. Première opération concrète : la mise à l'eau de 2 sondes flottantes autonomes, sur la côte vendéenne : l'une dans la Baie de Bourgneuf et l'autre dans la Baie de l'Aiguillon.

A quoi vont servir ces sondes ? Que vont-elles apporter de plus que toutes les études déjà menées ? La réponse de Vincent Buchet, chercheur à l'IFREMER, avec Yann Launay.

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"Ce sont des sondes qui mesurent la température de l'eau, la turbidité de l'eau, l'oxygène présent dans l'eau : des mesures seront effectuées toutes les heures et les informations seront envoyées sur un serveur et consultables en permanence. On aura un suivi dans le temps qui va nous permettre de suivre l'évolution du milieu."

Les données relevées par les sondes seront associées à d'autres données déjà existantes, et l'Observatoire mènera aussi des recherches sur les contaminants chimiques. Avec un objectif : déterminer les causes de la mortalité des huîtres et des moules, découvrir pourquoi les coquillages peuvent être brutalement décimés par des virus ou des bactéries :

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"Il faut se poser la question de savoir pourquoi les huîtres ou les moules deviennent plus sensibles à ces maladies ? Parce que l'environnement ne leur permet pas d'être suffisamment résistantes. C'est multifactoriel, et c'est important de savoir quelle est l'influence la plus importante : est-ce que ce sont les contaminations chimiques des eaux, est-ce que c'est le réchauffement ? La maladie n'est que le symptôme."

Qu'en attendent les professionnels, les producteurs d'huîtres et de moules ? La réponse de Jacques Sourbier, président du Comité régional conchylicole des Pays de la Loire, au micro de Yann Launay.

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"Que ce réseau ait un niveau de mesure suffisant pour appréhender comment le milieu évolue : favorablement ou défavorablement... Essayer d'indentifier quelles sont les molécules qui évoluent, voir comment à partir de certaines sources de contamination, on peut réagir."

Les sondes seront immergées fin janvier ou début février.